bazart3


Violette Blanche
Pensées sauvages

Exposition personnelle du 5 juin au 2 septembre 2022.
Ouverture les mercredis, jeudis et samedis de 14H à 18H et le dimanche de 10H à 14H.

“J'ai toujours éprouvé une fascination pour l'aiguille et son pouvoir magique.”
Louise Bourgeois.

Les matières qui m'intéressent sont résiduelles car ce sont les petits riens qui perturbent et attirent mon oeil puis ma main. Mon objectif durant la résidence de recherche et de création que j'ai réalisé à Bazart au printemps 2022 était de développer un travail déjà engagé avec la laine de brebis brute.
Sur place j'ai pu disposer des ressources de la mercerie solidaire du tiers lieu. J'ai trouvé un grand sac de fragments d'oripeaux, des fleurs de cimetière en perles anciennes, des bobines de laine plus ou moins synthétique, des tapisseries inachevées que j'ai pu amalgamer aux toisons données par Marie-Claude L. Anaïs D. et Fanette D. qu'elles en soient remerciées.

Marcher, observer, glaner.
Je suis arrivée à St Antonin Noble Val au moment de la floraison des pensées sauvages et des violettes. J'ai marché dans le village et au bord de l'Aveyron, j'ai constaté que les pensées sauvages étaient plutôt cultivées et les violettes poussaient à l'orée des bois et en bord de rivière. Les saules pleureurs étaient en bourgeons et certains rameaux frais étaient tombés au sol, je les ai ramassé pour les intégrer à mon travail. Symboliquement, cet arbre fait le lien entre la vie et la mort; En botanique, il est idéal pour réalisé des greffes.

Filiations naturellesculturelles
J'ai tout d'abord classé les oripeaux, bouts de laine, boutons, rubans, passementeries... par valeurs chromatiques dessinant ainsi un prisme lumineux. La lumière et son alternance d'ombre est, avec l'eau à l'origine de toute vie et de l'effet d'optique arc en ciel. Il existe de nombreuses correspondances à cette décomposition de la lumière : chakras, notes de musiques... Insufflant aux couleurs un mouvement de flux et de reflux, une circulation d’énergie. On associe les couleurs à des humeurs même si personne ne les perçoit de la même manière. J'ai confectionné des sacs "de fortune" avec les moyens du bord pour y enfermer chaque toison avec des éléments anthropiques colorés parfois très sophistiqués, pour les passer à la machine à laver, tel un incubateur, afin de provoquer des noeuds et un semi feutrage de la matière sur lesquels je me suis appuyée pour créer la série de sculptures textiles Pensées sauvages.
Nids, puits, suspensions, ellipses, plis, liens, chutes, torsades, détournements, contingences, je cherche à ériger des ponts entre différents modes et langages en me servant du territoire et des ressources du lieu comme d'une caisse de résonance.

Je-nous
Ce programme de résidence personnalisé en collaboration avec le Centre d'art & de design
la Cuisine à Nègrepelisse m'a permis de commencer un travail avec le marc de café. Récupéré, séché puis versé dans des collants en nylon, "soclées" de chaussures trouvées, ces formes viennent évoquer la présence humaine, le corps sans organe ou plutôt l'organique sans corps. L'effacement incomplet des dualités obsolètes. Des métamorphoses en cours.

Nous sommes des parcelles d'un même organisme tout comme les océans n'en forment qu'un.
Au bord d'une rivière, nous sommes toujours au bord de l'océan.
Lucie Bayens